Road Trip dans les Alpes : Le voyage Ultime ?

Road Trip dans les Alpes : Le voyage Ultime ?

Oui, le paradis existe.

En tant que motards, qu'est-ce que nous voulons ? Qu'est-ce que nous souhaitons réellement ? Des paysages de malade ? Des virages à n'en plus finir ? Un revêtement digne d'un tapis de billard ?

Et bien cette description correspond à la définition des Alpes. Rouler sur un tapis de billard au milieu de paysages somptueux, tout en enroulant virage sur virage pendant des dizaines, des centaines, des milliers de kilomètres ! Oui… le paradis existe. Nous y sommes allés. On vous raconte.

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1. Les Alpes – Pourquoi c'est bien
2. La moto
3. La préparation / l'équipement
4. Le Road Book

Les Alpes – Pourquoi c'est bien

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Il faut avant tout se pencher sur le plaisir premier de la moto. Car avant de s'imposer comme véhicule utilitaire pour aller au boulot au milieu du béton ou pour éviter les embouteillages, la moto se veut avant tout être un véhicule de loisir. Tout simplement pour les sensations qu'elle procure, la liberté qu'elle incarne. En moto, on aime rouler là où ça tourne, là où le bitume est beau, là où le paysage et la nature nous submergent. Rouler en ville, c'est naze. Avouez. C'est pourquoi le motard est à la recherche de coins à moto, de régions à virages, de routes sinueuses. Ne cherchez pas plus loin. La réponse c'est : Les Alpes.

Les Alpes s'étendent sur huit pays différents. Allemagne, Autriche, France, Italie, Liechtenstein, Monaco, Slovénie, Suisse. Autant de pays que de routes différentes à explorer ! Chaque pays est différent par ses routes, sa culture, ses paysages. Donc autant dire, une ressource quasi inépuisable pour les motards. Et quand bien même vous arriveriez à faire le tour de toutes les routes alpines, vous pourriez recommencer tellement c'est bien.

Niveau virage, je crois que c'est difficile de faire mieux. On y trouve de tout. De la grande courbe rapide, au tracé ultra sinueux, en passant par du virage intermédiaire très "joueur". Il y a de quoi régaler tous les appétits. L'autre aspect essentiel, c'est que cette sinuosité de la route s'étend sur des milliers de kilomètres. Il ne s'agit pas d'une enfilade de cinq ou six virages un peu "fun"… non non. On parle de balancer sa moto de droite à gauche sur des trajets allant parfois jusqu'à 300 km. En gros, tant que vos bras et votre mental peuvent encaisser, vous pouvez bouffer du virage.

Le revêtement. Élément capital d'une sortie moto réussie ! Bah oui. Si ça tourne dans tous les sens, mais que la route est recouverte de graviers, cela se transforme en calvaire (nous ne citerons pas l'Auvergne par exemple, qui s'est révélée particulièrement décevante en plein été, où la région avait eu la bonne idée de procéder à la réfection des routes en pleine saison motarde…).

Ce qu'il y a de bien dans les routes alpines, c'est qu'elles traversent des pays comme la Suisse. Et en Suisse, le calcul est simple :

Pays pété de thunes + Routes de montagnes à gogo + Conscience de l'attrait pour les motards = Tapis de billard

En Suisse, nous n'avons jamais autant roulé sans avoir à nous soucier une seule seconde de l'état du revêtement. Il est bon. Il est même parfait. Partout où nous sommes allés en Suisse. À quelques légères différences près, l'Autriche se révèle – elle aussi – être un pays se souciant du revêtement de ses routes. C'est simple. C'est un régal. L'Italie, un cran en dessous, reste néanmoins un pur plaisir. Certes, nous ne sommes pas au niveau des Helvètes, qui mettent la barre très haute niveau qualité du revêtement, mais nous sommes toujours dans le haut du classement quant à la qualité du bitume qui permet de se faire "plaisir".

Enfin, en plus de vous amuser comme des dingues, vous allez vous en mettre plein les mirettes. À tel point que parfois, il est difficile de choisir entre les virages et le paysage. Vous enchaînez les virages, mais en même temps vos yeux sont imprimés par des paysages somptueux.

Voir ou conduire, il faut choisir.

La moto

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Pour rouler dans Alpes, le choix de la moto va dépendre de votre approche. Voyage tranquille ou voyage sportif ? Mais en réalité, vous partirez avec la moto que vous avez dans le garage. Sachez que vous vous ferez plaisir, quelle que soit la monture. Pour la simple et bonne raison que :

C'est pas la bécane qui compte, c'est l'état d'esprit !

Le choix de la moto pour se trip s'est porté sur une Suzuki 600 Bandit S de 2004.

La Suzuki Bandit

Le choix était avant tout économique. La moto est abordable. La moto est fiable. La moto est reconnue. De plus, sa tête de fourche permet au pilote de moins fatiguer sur les longs trajets. C'était donc une excellente base.

Son moteur de 600 cc

Malgré les apparences, le moteur nous a très agréablement surpris. Alors certes, ce n'est pas le moteur le plus explosif que nous ayons connu. Mais néanmoins, le faible couple à bas régime s'est avéré être particulièrement apprécié lors des sections de "cruising". C'est-à-dire, lorsqu'il ne s'agissait pas d'envoyer comme bœuf, ou bien lorsque nous étions fatigués ou encore quand il s'agissait de conduire "pépère" sur certaines portions, le petit 600 était parfait.

Enfin, au-delà de 5.000 tr/min, le 600 cc du Bandit répondait présent à l'appel de la poignée et procurait de quoi se faire plaisir. En d'autres termes, le moteur était suffisant pour se régaler.

Allez. Petit bémol quand même. Car il en faut bien un. On lui reprochera un manque de couple, que ce soit à bas régime ou haut dans les tours. On aurait aimé avoir un peu plus de "gouache" en sortie de courbe.

Le confort de la 600 Bandit

Encore une fois, belle surprise. Le confort de la Suzuki Bandit est remarquable. Même avec la selle d'origine. De plus la position n'est ni trop sur l'avant, ni trop droite. Le dos et les bras ne souffrent pas trop. Quant à la tête de fourche de la Bandit S, elle permet de bien protéger le buste du pilote ainsi que le bas de la tête (pour un pilote d'1m75). Donc pas trop de fatigue, relativement bien protégé... Que demander de plus ?

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Quant au type de moto pour rouler dans les Alpes, notre recommandation se portera sur quelque chose pouvant aller chercher une certaine forme de polyvalence : s'amuser, rouler longtemps, avec un peu de bagages. Et pour ça, on aurait tendance à vous recommander de vous tourner vers :

  • Les Roadsters. On a vu de tout. De la Honda CB 500 à la KTM 1290 SuperDuke R, en passant évidemment par la Suzuki 600 Bandit. La position reste agréable et permet d'avoirla moto bien en main (surtout dans les sections ultras sinueuses où on aurait tendance à se la jouer "SuperMotard").
  • Les Trails musclés / Routières. Ici, la reine c'est bel et bien la BMW 1200 GS. C'est gros, c'est confortable, c'est beau, on peut la charger, le moteur est cool. Bref. C'est de la balle. Mais dans les Alpes, elle était talonnée de près par la Yamaha MT-09 Tracer. Le 3 cylindres explosif, la polyvalence, le poids et le prix rendent la Tracer proche de la moto "parfaite" pour ce genre de trip.

Cependant, nous pouvons souligner 2 types de motos qui pourraient s'avérer être "contraignants".

  • Les Hypersportives. À première vue, virages + revêtement parfait = conduite sportive. Mais détrompez-vous. Roulez dans les Alpes avec une hypersport pourrait vous dégoûter de la sportive. Car oui, ces motos ne sont pas particulièrement adaptées aux routes alpines ultras sinueuses. C'est donc sans surprise que ce genre de moto ne représente pas la majorité. En effet, trop de virages, trop de sinuosité, trop de kilomètres pourraient transformer votre trip en calvaire. Une position inadaptée au voyage sur de longs trajets, mais SURTOUT ! Des moteurs bien trop puissants pour être exploités à leur juste mesure sur ce type de route. Être obligé de rouler en 1ère ou en 2e partout où ça tourne… pas cool. Allez, pour la forme, on validera quand même la Honda 600 CBR.
  • Les petites cylindrées. Nous ne nous étendrons pas longtemps là-dessus. Certes, d'un point de vue budget, on est imbattable. Mais en dessous de 600 cc, vous risquez cruellement de manquer de puissance. Et cela serait bien dommage, surtout lorsqu'il s'agit de faire une ascension de col sur 40 km de virages.

La préparation / l'équipement

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La première chose à faire : prendre soin de partir avec une moto en bonne condition. Vous allez rouler longtemps, sur des routes à virages, tout en sollicitant votre moteur  et vos pneus avec une moto plus ou moins chargée.

Les pneus. Sur un trajet aussi long (5.000 km), partez avec des pneus neufs. Ou alors, des pneus pouvant supporter un aussi grand nombre de kilomètres. Pour information, notre 600 Bandit S était équipée d'un pneu arrière  – d'apparence en bonne condition – dont la gomme était "périmée". Résultat : le pneu s'est détruit en moins de 900 km. Obligé de le changer en cours de route. On aurait préféré éviter cela.

Un pneu trop vieux n'offrira pas ses caractéristiques d'origine et peu s'avérer dangereux (gomme périmée = gomme sèche = grip réduit). La plupart des professionnels du pneumatique recommandent que les pneus ne dépassent pas six ans entre la fabrication et la vente au client final. Comment vérifier la date de fabrication du pneu : Sur la ligne DOT, les quatre derniers chiffres correspondent à la semaine de fabrication / année de fabrication. Ici, 0116 = première semaine de l'année 2016.

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Quelques outils de dépannage ne seront pas de trop. En général, la trousse à outils d'origine sur votre moto vous permettra de parer à des problèmes courants et simples. Pour notre part, nous partons souvent avec une petite boite de douilles supplémentaires et clé à cliquets. Ensuite, tout dépend de votre capacité de chargement.

La fameuse bombe anti crevaison. Indispensable, pour vous sauver la mise lors d'une crevaison, vous permettant de rouler (à basse vitesse) au moins jusqu'au garage le plus proche.

Une bombe de graisse pour la chaîne. Sur de longs trajets, un petit coup de graisse tous les 1.000 km ne fait pas de mal.

Préparer son Road Book. Dans les Alpes, partir sans road book pourrait vous faire passer à côté des routes et des cols mythiques. Dommage. Ça serait un peu comme aller à Disneyland sans faire Space Mountain et le grand huit Aerosmith parce que vous ne savez pas qu'ils existent. C'est pourquoi vous trouverez ci-dessous le road book complet de notre trip dans les Alpes. De quoi vous donner des idées.

Un GPS. Toujours utile. Surtout à l'étranger. Déjà pour trouver votre hôtel en plein coeur d'une grande ville, mais aussi, car certaines routes - qui sont des petits bijoux – ne sont pas toujours simples à trouver. Nous concernant, nous étions équipés du GPS Tomtom Rider qui permet de programmer des parcours à virages. Dans ce cas présent, le Tomtom Rider ne s'est pas révélé être d'une grande utilité pour trouver des virages. Il nous a même déçus par moment… Il est parfait dans une région inconnue, où vous ne savez pas où se cachent les virages sympas. Mais dans une région comme les Alpes, où il n'y a QUE des virages, lui demander de trouver un itinéraire à virage va provoquer la chose suivante : il va vous faire passer par des routes "impraticables", désagréables, vous faire passer par des centres-ville, car lui, il doit vous trouver plus de virages qu'il n'y en a déjà.

Les bagages. Grande question ! Nos conseils :

  • Pas de sac à dos ! Évitez d'avoir à porter une charge sur votre dos. Optimisez votre confort, surtout sur de longs trajets. Même un ou deux kilos. Ce n’est rien, mais à force vous allez le sentir, croyez-moi. Ne pas avoir de sac à dos vous permettra également de rester mobile sur votre moto. Vous aimez déhancher dans les virages… je vous connais.
  • La sacoche de réservoir. À éviter également (sauf sur de longs trajets d'autoroute par exemple). Ici vous n'allez faire que de la petite route sinueuse. La sacoche de réservoir va vous gêner devant vous et va sans cesse valdinguer de gauche à droite dans chaque virage (surtout les sacoches aimantées).
  • Les sacoches cavalières (souples). Alors certes, c'est abordable niveau prix. Mais c'est un peu une galère. Ça reste néanmoins le meilleur compromis prix/confort de pilotage. Il faudra les démonter / désangler chaque soir et les remonter chaque matin si vous voulez protéger vos affaires du vol et si vous voulez avoir vos affaires avec vous dans votre chambre d'hôtel. Quand il va pleuvoir (si si… il va pleuvoir), il faudra vous arrêter pour mettre les protections de pluie sur les sacoches. Enfin, si vous ne pensez pas à protéger votre coque arrière, le frottement des sacoches sur le plastique va tout simplement défoncer la peinture de votre coque arrière.
  • Les valises latérales (rigides). C'est le top. Mais ça coûte un bras et il faut installer toute une armature à l'arrière de la moto pour fixer les valises. Cependant, c'est étanche (en général). Donc pas besoin de ce soucier des protections pluie. Ça ferme à clé. On peut laisser sa moto sans trop risquer qu'on nous pique nos affaires. Ça se décroche / raccroche en moins de trois secondes. Pratique pour les trimballer jusqu'à la chambre d'hôtel.

Les affaires. En général, un chapeau mexicain et un faux nez en forme de bite sont les deux accessoires qui vous garantiront un séjour réussi, riche en rigolade. Cependant, dans les Alpes, nous vous recommandons vivement :

  • D'apportez des vêtements chauds ou sous-vêtements thermiques. Même en plein été. Vous allez certainement monter des cols à plus de 2.000 m d'altitude et là haut, ça caille. Par exemple, un caleçon long et et un T-shirt manche longue seront appréciés.
  • Prenez votre combarde de pluie. En montagne, la météo est extrêmement changeante. Vous partez du fond de vallée par un grand beau temps et 25°C, puis 30 minutes plus tard, vous êtes en haut d'un col, dans le brouillard, sous la pluie par 4°C.
  • Si vous roulez avec des chaussures de moto renforcées, n'hésitez pas à prendre une petite paire de chaussures de ville. Histoire d'être à l'aise le soir ou pour aller vous balader.
  • Une serviette microfibres, humectée avec un peu d'eau, pour nettoyer les moustiques sur votre visière.
  • ...

La liste est longue et spécifique à chacun. Libre à vous ensuite de prendre un ou plusieurs caleçons.

Le Road Book

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Voici une liste non exhaustive des cols à ne pas manquer :

  • Suisse
    • Furkapass
    • Oberalp Pass
    • Flüelapass
    • Col de San Bernardino
  • Autriche
    • Grossglockner (Großglockner)
  • Italie
    • Passo Pordoi
    • Passo Stelvio

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  1. Belle balade ! Bien racontée

  2. Super article !!!

  3. Au top tes vidéos ,grande qualité !
    Kif total ✊✌️

  4. Très sympa !
    As tu des itinéraires en République tchèque ?

    • Tonton Bécane

      Malheureusement, rien de spécifique. Le sud de la RC, au niveau de la frontière avec l’Autriche, juste au dessus de Linz, est très sympa.

  5. salut tonton,ta ballade dans les alpes me donne trés envie,je voulais te demander avec quoi tu filme tes videos,elles ont une superbe qualité video et son,peut tu me donner des tuyaux,sur ton matos …
    merci d’avance ..

  6. desolé encore moi,peut tu me faire parvenir le parcours au format itn pour tomtom..des ballades dans les alpes..
    je t’en remercie beaucoup d’avances..

  7. Salut Tonton, super tes vidéos. J’adore ta façon de filmer, ton humour et ton naturel.
    Je prépare moi-même un road trip dans les alpes du sud avec au programme 1000kms en 3 jours.
    Je m’inspire de ton expérience pour la préparation.
    Bonne continuation…GAZ V

  8. Magnifique tes vidéos jador

  9. Juste magique. Ils sont superbes tes images. Sa donne vraiment envie.

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