Les gravillons : Petit cadeau surprise de la saison

Les gravillons : Petit cadeau surprise de la saison

L’arrivée des beaux jours rime souvent avec premières virées moto. Méfiance toutefois car si en haut le soleil brille, au sol le danger guette...

Ça y est, le printemps est enfin arrivé ! Comme tous les ans à la même époque, vous n’avez qu’une obsession en tête : faire votre première vraie sortie moto de l’année.

Oui parce que, vous aurez beau dire, mais admettez que jusqu'ici vos quelques rares tentatives se sont souvent réduites à un modeste “petit-tour-et-puis-s’en-va”... Pour ne rien arranger, il devient de plus en plus difficile de trouver des réponses crédibles aux copains qui se moquent de vous et de la couche de poussière accumulée sur votre selle !

C’est décidé ce weekend : Vous partez !

Direction donc (au hasard) le Parc Naturel Régional du Morvan au sud-est d’Auxerre. L’endroit, bien connu de la communauté motarde pour son relief vallonné et ses petites routes sinueuses, constitue en effet une destination de choix pour qui aime se faire plaisir en moto.

Jusqu'ici tout se passe à merveille, le ciel est bleu, les oiseaux chantent, (même si à 130 avec le casque la chose devient tout de suite moins évidente je vous l’accorde) l’autoroute, au départ de Paris reste une formalité (environ 200 km, soit à peine le temps de se tortiller d’impatience sur sa selle...)

Sortie 22 pour Avallon, et hop, après une dernière pause vidange/ravitaillement, déjà les premières courbes de votre weekend se dessinent à l’horizon !

Gros coup de chaud

Coup d’oeil dans le rétro : personne… Petit coup d’oeil devant : personne non plus. Vous allez bientôt pouvoir vous dérouiller de ces longs mois d'hiver passés à déprimer sur votre canapé ! Vous souriez comme le petit garnement que vous êtes tout en baissant votre écran et vous apprêtez à ouvrir un grand coup, quand soudain horreur, STUPEUR : vous réalisez que le bitume est recouvert de tonnes de… gravillons !

Action, Réaction. Tel Spiderman, vous percevez immédiatement cette vive montée de sueur froide le long de votre épine dorsale qui semble vous dire : “ATTENTIONNNN TU VAS TE BOURRERRR !” Vous chopez alors tout ce qui vous tombe sous la main (en général le frein et l'embrayage) et redressez votre machine avec l’énergie du désespoir et une absence totale de décontraction (ça tombe bien, personne ne vous a vu) avant de finir tout tremblant, le visage blême, à 1 cm du fossé… C’est bon ça passe pour cette fois, mais c'était moins une...

Une fois remis de vos émotions, vous reprenez la route en roulant sur des oeufs de caille tout en vous disant : “Allez, du calme, c’était peut-être seulement dans ce virage-là, ça va pas durer longtemps, hein…” Hélas c'est toute la route qui est recouverte de cailloux sur des kilomètres... Il va falloir prendre votre mal en patience, car dans les graviers pas question de faire le malin.

Hélas c'est toute la route qui est recouverte sur des kilomètres...

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La pompe, endroit idéal pour faire le point sur vos conditions de circulation.

Mais... Mais pourquoi ?

Et oui, il n’y a pas que les fleurs qui bourgeonnent en mai. Les routes, fortement dégradées par la rudesse de l'hiver, sont souvent refaites (resurfacées) au cours des premiers beaux jours. Il n’est donc pas rare hélas de voir germer ça-et-là de larges plaques de goudron fraîchement posées, accompagnées de leur lot de gravillons en quantité indécente, comme des résidus de pluie de météorites, généralement signalés par des panneaux d’avertissement (mais pas toujours), le tout sur des sections de routes souvent très longues, voire des routes entières...

Alors certes, ces interventions, au-delà du fait de constituer l'un des pires fléaux du monde motocycliste, sont bien évidement inhérentes à la bonne maintenance de nos réseaux routiers. Néanmoins, il est à noter que ces travaux coïncident très souvent avec les périodes les plus prisées par le public motard (aux environs de mai à juillet). Public qui, hormis quelques exceptions, ne recherche même pas la vitesse ou le risque, mais simplement à profiter pleinement et sereinement du paysage.

Rouler ne serait-ce que “normalement” sur ce type de revêtement augmente significativement le risque de chute.

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Le genre de petite route sinueuse qui invite à la balade...

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... mais gare à ce vilain gravier !

Or, je peux vous assurer que rouler ne serait-ce que “normalement” sur ce type de revêtement augmente significativement le risque de chute et donc le niveau de stress du pilote et peut vite vous gâcher un weekend. De plus, force est de constater que dans certains cas, les chaussées ne semblent même pas réellement refaites (le fameux tapis de billard) mais juste rebouchées partiellement avec un revêtement abrasif et de mauvaise qualité, mal raccordé et surtout généreusement saupoudré de gravillons. On compte ensuite sur les voitures pour les expulser lentement sur les bas-côtés, pendant des jours, des semaines... Entre temps bien sûr les panneaux de danger auront été enlevés. Imaginez ce que ça donne lorsque vous passer d'un axe à forte circulation à une route peu fréquentée...

En pratique, mieux vaut une route légèrement bosselée avec quelques trous qu'une route mal refaite tapissée de gravillons, foi de motard.

On peut donc légitimement se poser la question de l'utilité réelle de ces travaux qui, en plus de représenter un réel danger pour les usagers, semblent avoir été bâclés. Ne vaudrait-il mieux pas économiser un an de plus dans l'idée de fournir une prestation de meilleure qualité ? En pratique, mieux vaut une route légèrement bosselée avec quelques trous qu'une route refaite à la va-vite tapissée de gravillons, foi de motard.

L’autre inconvénient, c'est qu’on ne sait jamais précisément ni où, ni à quel moment ces rénovations vont avoir lieu, et pour peu que vous soyez un peu poissard, vous risquez de tomber pile pendant les travaux de réfection de vos axes préférés… Pas chouette.
Pour la petite histoire, nous avons vécu une situation similaire l'été dernier en Auvergne au mois d'Août.
C'est vous dire à quel point il est difficile de bien viser pour contourner le problème...

Prudence encore et toujours

Ces travaux coûtant extrêmement cher, certaines régions n’ont pas les ressources financières suffisantes pour procéder à la rénovation de leur réseau secondaire avec des enrobés de bonne qualité et privilégient leurs axes principaux. C’est donc comme souvent à nous et à nous seuls de redoubler de vigilance lors de nos virées en guettant gravillons, nids de poules, bosses, raccords de chaussée, trous, terre, sable, etc...

L’idéal, lorsque planifiez votre weekend, reste de contacter directement les services départementaux des régions concernées afin de vous informer sur les interventions et/ou déviations programmées aux environs de la date que vous visez. Une démarche certes fastidieuse, mais qui pourrait bien sauver votre prochain weekend !

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Crédits images : Joe Bar Team - Editions Vents d'Ouest

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